L’île de La Réunion abrite l’un des sentiers de grande randonnée les plus spectaculaires au monde. Véritable paradis pour les amateurs de trekking, ce territoire offre une concentration exceptionnelle de paysages tropicaux, volcaniques et montagneux sur une superficie réduite. Le GR R2 incarne cette diversité remarquable en traversant l’île sur toute sa longueur, permettant aux randonneurs de découvrir en quelques jours ce que la nature a façonné en plusieurs millions d’années. Cette aventure pédestre constitue bien plus qu’une simple randonnée : c’est une immersion totale dans un écosystème unique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, où chaque kilomètre révèle un nouveau visage de cette terre volcanique extraordinaire.
Chaque année, des milliers de passionnés se lancent sur cet itinéraire mythique, attirés par la promesse d’une expérience inoubliable au cœur de l’océan Indien. Les cirques majestueux, les sommets culminants et les paysages lunaires du volcan créent un terrain de jeu incomparable pour ceux qui recherchent l’authenticité et le dépassement de soi. Que vous soyez randonneur expérimenté ou trekkeur en quête de nouveaux horizons, ce sentier emblématique saura répondre à vos attentes tout en testant votre endurance et votre capacité d’adaptation face aux éléments.
Caractéristiques techniques du GR R2 : 135 kilomètres à travers La Réunion
Le GR R2 s’étend sur approximativement 135 kilomètres de sentiers balisés, représentant un défi physique considérable pour tout randonneur qui s’y aventure. Cette distance, bien que modeste comparée à d’autres grandes randonnées européennes, masque une réalité terrain bien plus exigeante. L’accumulation de dénivelés positifs et négatifs, combinée à des conditions climatiques tropicales souvent capricieuses, transforme cette traversée en une véritable épreuve d’endurance. Les chiffres officiels font état d’environ 9000 mètres de dénivelé positif cumulé, mais les randonneurs expérimentés savent que les montées et descentes répétées sollicitent intensément les articulations et les muscles.
La durée recommandée pour compléter l’intégralité du parcours varie généralement entre 8 et 12 jours, selon votre niveau de préparation physique et votre rythme de marche. Cette fourchette permet d’adapter l’aventure à différents profils de randonneurs, bien qu’il soit fortement conseillé de ne pas sous-estimer la difficulté technique de certains passages. Les étapes quotidiennes oscillent entre 12 et 18 kilomètres, avec des journées particulièrement exigeantes lors de la traversée des cirques et de l’ascension des sommets. Avez-vous déjà envisagé l’impact que peuvent avoir plusieurs jours consécutifs de marche intensive sur votre organisme ?
Tracé du sentier de grande randonnée du Piton des Neiges au Piton de la Fournaise
Le tracé officiel du GR R2 débute traditionnellement à La Possession, sur la côte nord-ouest de l’île, pour s’achever à Saint-Philippe, au sud-est. Cette orientation nord-sud présente l’avantage stratégique de progresser graduellement vers les zones les plus sauvages et isolées de La Réunion. Le sentier serpente à travers les trois cirques emblématiques – Mafate, Salazie et Cilaos – offrant une perspective unique sur ces amphithéâtres naturels creusés par l’érosion au fil des millénaires. Chaque
segment du parcours révèle un contraste saisissant : relief acéré, forêts humides, îlets isolés et lignes de crêtes panoramiques se succèdent sans jamais se ressembler. Au cœur de l’itinéraire, deux sommets structurent la traversée : le Piton des Neiges, point culminant de l’océan Indien avec ses 3 070 mètres d’altitude, et le Piton de la Fournaise, l’un des volcans les plus actifs au monde. Entre les deux, le GR R2 alterne passages en balcon, traversées de plaines d’altitude, forêts de Tamarins et coulées de lave figées, comme un condensé de toute l’île sous vos pieds.
Dénivelé cumulé et altitude maximale au sommet du piton des neiges
Le dénivelé cumulé du GR R2 est l’un des principaux facteurs de difficulté. Comptez environ 9 000 à 10 000 mètres de dénivelé positif et un volume équivalent en négatif sur l’ensemble de la traversée. Concrètement, cela revient à enchaîner plusieurs « étapes alpines » chaque jour, mais en milieu tropical et sur des sentiers souvent techniques, parfois glissants, parfois pierreux, rarement roulants. La répétition des montées et descentes casse-rythme sollicite fortement les quadriceps, les mollets et surtout les genoux.
Le point culminant de l’itinéraire se situe au Piton des Neiges, à 3 070 mètres d’altitude. Cette ascension, généralement effectuée en aller-retour depuis le gîte de la Caverne Dufour, représente un dénivelé positif d’environ 600 mètres depuis le refuge, mais plus de 1 200 mètres si l’on part directement de Cilaos. Ne sous-estimez pas les effets de l’altitude : air plus frais, souffle plus court, fatigue accrue. Comme pour un long marathon en montagne, la gestion de l’effort et de la récupération est essentielle pour profiter pleinement de cette étape emblématique.
Découpage en 9 étapes homologuées par la fédération française de randonnée
Si certains randonneurs choisissent de traverser l’île en 8 ou 10 jours selon leur condition physique, le tracé de référence du GR R2 est découpé en 9 étapes homologuées par la FFRandonnée. Ce découpage tient compte des capacités d’accueil des gîtes, des zones de ravitaillement et, surtout, de la logique du terrain. En moyenne, chaque journée représente entre 5 et 7 heures de marche effective, auxquelles il faut ajouter les pauses, les photos et les imprévus.
Ces 9 tronçons permettent de structurer votre projet : vous pouvez ainsi adapter votre progression en regroupant certaines étapes ou au contraire en les scindant en deux si vous voyagez en mode découverte plutôt qu’en mode performance. Travailler à partir du découpage officiel est un excellent point de départ pour préparer votre propre planning, optimiser vos réservations d’hébergements et calculer vos marges de sécurité en cas de météo défavorable.
Signalétique balisage blanc-rouge et points de repère GPS
Comme tous les sentiers de Grande Randonnée en France, le GR R2 est balisé en blanc et rouge. Ce balisage, globalement très fiable, est régulièrement entretenu par les équipes locales de la FFRandonnée et par le Parc national. Vous retrouverez les marques de peinture sur les rochers, les troncs d’arbres et les poteaux, ainsi que des panneaux directionnels aux principaux carrefours avec indications de temps et parfois de dénivelé. Sur le terrain, le balisage reste votre premier outil de navigation.
Cela dit, l’usage de traces GPS récentes et de cartes topographiques (type IGN La Réunion au 1/25 000) reste vivement recommandé. Les conditions tropicales peuvent provoquer glissements de terrain, éboulements ou fermetures temporaires de sentiers, modifiant ponctuellement le tracé. Associer balisage physique, GPS et topo papier, c’est un peu comme avoir ceinture et bretelles : vous multipliez les filets de sécurité et réduisez le risque d’erreur, surtout en cas de brouillard, de pluie intense ou de fatigue accumulée.
Parcours détaillé du nord au sud : de la possession à Saint-Philippe
Aborder le GR R2 « du nord au sud » permet de découvrir progressivement les paysages les plus sauvages de l’île et de finir en apothéose sur le volcan. Le point de départ le plus utilisé se situe à proximité de La Possession et de la Rivière des Galets, véritable porte d’entrée du cirque de Mafate. Au fil des jours, vous enchaînerez les sections mythiques : îlets de Mafate, col du Taïbit, cirque de Cilaos, Piton des Neiges, Plaine des Cafres, Plaine des Sables, Piton de la Fournaise, avant de plonger vers les forêts humides du sud sauvage et le littoral de Saint-Philippe.
Étape 1 : la possession jusqu’au gîte de la roche écrite via la rivière des galets
Depuis les hauteurs de La Possession, le GR R2 rejoint d’abord la Rivière des Galets, un large lit caillouteux qui remonte en direction de Mafate. Cette première journée donne immédiatement le ton : passages à gué, blocs volcaniques, falaises imposantes qui se resserrent à mesure que vous progressez. C’est un corridor naturel impressionnant, souvent considéré comme l’une des plus belles portes d’entrée de Mafate. Lorsque le débit de la rivière est bas, la progression reste ludique, mais en période de crue, certains passages peuvent devenir délicats, voire infranchissables.
Après cette mise en jambe au fond du canyon, le sentier s’élève sur les flancs pour gagner les premiers îlets, puis grimpe progressivement en direction de la forêt de la Roche Écrite. Vous quittez peu à peu la chaleur et l’humidité de la rivière pour retrouver un environnement plus frais et boisé. L’objectif de cette première grande journée est d’atteindre le gîte de la Roche Écrite ou la Plaine des Chicots, point de départ idéal pour un lever de soleil au sommet le lendemain. Déjà, vous aurez cumulé un dénivelé conséquent et compris que sur le GR R2, chaque kilomètre se mérite.
Traversée du cirque de mafate par la nouvelle et marla
La traversée de Mafate est souvent vécue comme le cœur émotionnel du GR R2. Cirque totalement dépourvu de routes, il n’est accessible qu’à pied ou en hélicoptère. Après le belvédère de la Roche Écrite ou l’arrivée par Dos d’Âne, vous plongez au fond du cirque pour rejoindre Aurère, Grand Place, puis la Nouvelle et Marla selon les variantes. Ce sont autant d’îlets perchés sur des replats improbables, reliés entre eux par un réseau de sentiers en balcon, de ravines et de ponts métalliques.
De la Nouvelle, considérée comme la « capitale » de Mafate, à Marla, le plus haut îlet du cirque, vous évoluez dans une mosaïque de paysages : jardins créoles, champs de chouchous, forêts de filaos, ravines encaissées, cascades et passerelles. Les portions entre Roche Plate, les Orangers, Trois Roches et Marla comptent parmi les plus spectaculaires : vues plongeantes, corniches, remparts de plus de 1 000 mètres de hauteur. Ici, le GR R2 partage parfois son tracé avec le GR R3, le célèbre tour de Mafate, permettant aux plus motivés de rallonger encore l’itinéraire pour approfondir la découverte de ce territoire hors du temps.
Ascension technique du piton des neiges depuis le gîte de la caverne dufour
Après Mafate, le GR R2 rejoint le cirque de Cilaos, soit via le col du Taïbit depuis Marla, soit par d’autres variantes selon votre découpage. Cilaos offre une courte respiration « urbaine » : petite ville de montagne, thermes, épiceries, boulangeries et hébergements plus confortables. C’est aussi le point de départ de l’ascension vers le gîte de la Caverne Dufour, niché vers 2 400 mètres d’altitude sur les pentes du Piton des Neiges.
La montée depuis Cilaos est raide et quasi continue, sur un sentier en escalier naturel ou aménagé, souvent à l’ombre d’une végétation dense. Depuis le gîte, la plupart des randonneurs choisissent de partir de nuit, frontale sur la tête, pour atteindre le Piton des Neiges avant le lever du soleil. Les 500 à 600 mètres de dénivelé supplémentaires s’effectuent sur un terrain plus minéral et parfois instable, mais la récompense vaut largement l’effort : à l’aube, par temps dégagé, la vue à 360° sur les trois cirques (Mafate, Cilaos, Salazie) et sur l’océan Indien est tout simplement inoubliable. Avez-vous déjà imaginé contempler l’île entière depuis son toit, alors que les nuages tapissent encore les vallées ?
Passage par le cirque de cilaos et descente vers le col du taïbit
Selon le sens de votre traversée, le col du Taïbit sera soit votre porte d’entrée dans Mafate, soit la transition vers Cilaos. Dans l’itinéraire nord-sud classique, on quitte Marla pour monter au col, avant de plonger vers Cilaos. Le Taïbit, à un peu plus de 2 000 mètres d’altitude, offre un double panorama spectaculaire sur les deux cirques. Le sentier, très bien marqué mais parfois raide et caillouteux, alterne sections ombragées et portions plus exposées, avec quelques passages où il faut poser les mains.
La descente vers le fond du cirque de Cilaos, puis vers la ville elle-même, met les articulations à rude épreuve. On y enchaîne lacets serrés, traversées de ravines et passages en sous-bois. Le contraste est saisissant : après plusieurs jours d’isolement, retrouver les maisons colorées, les thermes, l’église Notre-Dame-des-Neiges et les petites boutiques de Cilaos peut donner l’impression de changer de monde. C’est souvent ici que l’on fait un point sur son état de forme, que l’on ajuste ses étapes et que l’on se ravitaille sérieusement avant d’attaquer la seconde partie du GR R2.
Section finale à travers la plaine des cafres et le volcan du piton de la fournaise
Depuis le Piton des Neiges, le GR R2 bascule vers la Plaine des Cafres, un plateau d’altitude aux allures de campagne verte, parsemé de pâturages et de vaches. Cette partie, parfois jugée moins spectaculaire, n’en reste pas moins importante : c’est une zone de transition qui permet au corps de récupérer après l’ascension du sommet de l’île. Les sentiers y sont moins techniques, mais peuvent devenir très boueux après la pluie. Les longues traversées à découvert exigent également une bonne protection contre le soleil et le vent.
Progressivement, le décor change radicalement à l’approche du Piton de la Fournaise. Vous pénétrez dans un univers volcanique brut : Nez de Bœuf, Plaine des Sables, rempart du Pas de Bellecombe-Jacob, coulées de lave successives. Le GR R2 longe ou croise l’itinéraire classique d’ascension du volcan, offrant souvent la possibilité de faire un aller-retour jusqu’au cratère Dolomieu si les conditions sont favorables et que l’accès est autorisé. La dernière grande descente vers le sud sauvage et Saint-Philippe traverse ensuite des forêts denses, des ravines profondes et des zones de coulées plus récentes, avant de rejoindre enfin le niveau de la mer et la végétation luxuriante typique de ce secteur de l’île.
Hébergements en refuge de montagne et gîtes d’étape le long du GR R2
L’une des grandes forces du GR R2 réside dans la densité et la variété de ses hébergements de montagne. Gîtes d’étape, chambres d’hôtes, refuges et parfois petites auberges de village jalonnent l’itinéraire à intervalles réguliers. Cette infrastructure permet de parcourir la traversée en mode « sac allégé », sans porter de matériel de bivouac lourd, à condition de bien anticiper ses réservations. Les hébergements offrent généralement dortoirs, sanitaires, douches (pas toujours chaudes) et repas chauds typiquement créoles.
Réseau de gîtes de montagne gérés par l’ONF et opérateurs privés
Sur le GR R2, les gîtes de montagne sont gérés soit par l’ONF (Office national des forêts), soit par des opérateurs privés et des familles réunionnaises. Les structures ONF, comme certains refuges en altitude ou au volcan, misent sur la sobriété et la fonctionnalité, tandis que les gîtes privés offrent parfois une atmosphère plus familiale, avec des repas conviviaux autour de grandes tablées. Dans tous les cas, l’accueil est chaleureux et constitue une part essentielle de l’expérience.
Ne perdez pas de vue que la capacité de ces gîtes est limitée, surtout dans les cirques de Mafate et autour du Piton des Neiges. En haute saison (hiver austral et vacances scolaires), il n’est pas rare que les hébergements affichent complet plusieurs semaines à l’avance. Anticiper, c’est éviter de se retrouver à devoir rallonger une étape déjà longue, ou à improviser un bivouac dans des zones où il peut être réglementé, voire interdit.
Système de réservation obligatoire via le site internet de l’IRT
Pour simplifier l’organisation de votre trek, une grande partie des gîtes est désormais réservable en ligne, notamment via les plateformes de l’Île de La Réunion Tourisme (IRT) ou directement auprès des hébergeurs. Sur ce type d’itinéraire engagé, la réservation est fortement recommandée, voire indispensable, surtout pour la Caverne Dufour et les gîtes du volcan. Vous pourrez généralement choisir entre nuitée simple, demi-pension ou pension complète.
Avant de finaliser votre planning, il est judicieux de synchroniser vos étapes avec les hébergements disponibles. Une fois vos dates validées, conservez précieusement toutes les confirmations de réservation (email, PDF, téléphone). En cas de météo très dégradée ou de fermeture de sentier, ces documents vous aideront à ajuster rapidement votre itinéraire avec l’aide des offices de tourisme ou des hébergeurs, qui connaissent parfaitement les alternatives locales.
Capacités d’accueil au gîte de bélouve, Hell-Bourg et basse vallée
Certains gîtes jouent un rôle stratégique pour les randonneurs du GR R2 et de ses variantes, notamment le gîte de Bélouve, les hébergements autour de Hell-Bourg et le secteur de Basse Vallée. Bien que tous ne soient pas pile sur le tracé principal, ils permettent de moduler l’itinéraire, de rajouter une boucle ou de fractionner une longue étape. Bélouve, par exemple, est un point de chute idéal pour explorer la forêt primaire et le belvédère du Trou de Fer, tandis que Hell-Bourg, classé parmi les « plus beaux villages de France », offre un confort appréciable après plusieurs jours de marche.
Du côté de Basse Vallée, à l’extrémité sud de l’itinéraire, quelques gîtes et chambres d’hôtes accueillent les randonneurs qui terminent la traversée. Les capacités d’accueil restent cependant modestes et peuvent rapidement être saturées en période de forte affluence. Là encore, une bonne préparation et des réservations anticipées vous éviteront des déconvenues au moment où la fatigue accumulée se fait le plus sentir.
Préparation physique et équipement technique pour randonneur expérimenté
Le GR R2 est classé parmi les GR les plus difficiles de France, juste derrière le GR 20 en Corse. Pour l’aborder sereinement, une préparation physique spécifique est indispensable. Idéalement, commencez un entraînement 2 à 3 mois avant votre départ : sorties régulières en randonnée avec dénivelé, marche avec sac chargé, séances de renforcement musculaire (cuisses, fessiers, gainage, chevilles) et travail d’endurance cardio. Plus vous arriverez préparé, plus vous profiterez de la beauté des lieux sans subir outre mesure la fatigue.
Côté équipement, privilégiez des chaussures de randonnée à tige moyenne ou haute, avec une bonne accroche sur terrain humide et rocheux. Les bâtons de marche sont quasiment incontournables pour soulager les genoux dans les longues descentes et stabiliser l’appui dans la boue ou sur les cailloux. Un sac de 35 à 45 litres suffit généralement si vous dormez en gîte, avec un poids idéal compris entre 8 et 10 kilos. Au-delà, chaque marche d’escalier, chaque ravine se transforme vite en épreuve.
La clé sur un GR en milieu tropical d’altitude, c’est la gestion des couches : prévoyez à la fois une couche respirante pour la chaleur humide, une polaire légère, une doudoune fine pour les soirées en altitude, et une veste imperméable respirante pour les pluies soudaines. N’oubliez pas bonnet, gants, crème solaire indice élevé, lunettes de soleil, trousse de premiers secours, frontale avec piles de rechange et système de portage d’eau de minimum 2 litres. Sur ce type d’itinéraire, mieux vaut penser son sac comme une « boîte à outils » : chaque objet doit avoir une fonction précise pour faire face aux nombreux changements de conditions.
Période optimale et conditions météorologiques en milieu tropical d’altitude
La Réunion bénéficie d’un climat tropical marqué par deux grandes saisons : l’été austral (décembre à avril), chaud et humide, et l’hiver austral (mai à novembre), plus frais et globalement plus sec. Pour le GR R2, la meilleure période se situe généralement entre juin et octobre. Les températures sont alors plus clémentes pour l’effort, les pluies moins fréquentes et les sentiers globalement en meilleur état, même si des épisodes de mauvais temps restent possibles.
Gardez en tête que la météo varie énormément selon l’altitude et l’exposition. Il est fréquent de partir sous un ciel bleu depuis la côte, puis de se retrouver dans le brouillard ou la pluie fine en milieu de journée dans les cirques, avant de retrouver un ciel dégagé en altitude au sommet du Piton des Neiges. Les orages peuvent éclater brutalement en fin de journée, rendant certains passages plus techniques. Comme en haute montagne, partir tôt le matin pour profiter des créneaux les plus stables est souvent une bonne stratégie.
En été austral, les risques de cyclones, de fortes pluies et de crues soudaines augmentent sensiblement. Cette période est en principe déconseillée pour une traversée intégrale, à moins de disposer d’une grande flexibilité sur vos dates et de suivre de très près les bulletins de Météo-France et les informations du Parc national. Avant chaque départ d’étape, vérifiez les conditions du jour et les éventuelles fermetures de sentiers communiquées par l’ONF : sur un itinéraire aussi engagé, adapter son programme à la météo n’est pas une option, c’est une condition de sécurité.
Réglementation du parc national de la réunion et permis d’accès aux zones protégées
Une grande partie du GR R2 traverse le Parc national de La Réunion, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses « pitons, cirques et remparts ». Cette reconnaissance implique une réglementation stricte destinée à protéger des écosystèmes particulièrement fragiles. Vous évoluerez dans des zones cœur de parc, des forêts primaires, des habitats d’espèces endémiques parfois menacées. La contrepartie de ce privilège est simple : en tant que randonneur, vous avez la responsabilité de limiter au maximum votre impact.
Concrètement, cela signifie rester sur les sentiers balisés, ne pas cueillir de plantes, ne pas déranger la faune et ne jamais allumer de feu en dehors des zones explicitement autorisées. Le bivouac est très encadré, parfois interdit, notamment dans certaines zones sensibles ou à proximité immédiate des gîtes. Les déchets, même biodégradables, doivent être redescendus avec vous : une pelure de fruit ou un mouchoir papier met plus de temps qu’on ne l’imagine à disparaître en milieu tropical.
Pour le GR R2, aucun permis spécifique n’est nécessaire à ce jour, mais certaines activités annexes ou itinéraires hors sentier peuvent l’exiger. De plus, l’accès à l’enclos du Piton de la Fournaise est régulièrement réglementé en fonction de l’activité volcanique : en cas de vigilance accrue, d’éruption ou de risque de projection, les autorités peuvent fermer temporairement les itinéraires d’accès. Avant de vous lancer, prenez l’habitude de consulter les informations officielles du Parc national et de l’ONF. En respectant ces règles, vous contribuez non seulement à la préservation d’un patrimoine naturel exceptionnel, mais vous assurez aussi la pérennité de cette traversée légendaire pour les générations de randonneurs à venir.