L’île de La Réunion se distingue des destinations tropicales classiques par une diversité naturelle exceptionnelle concentrée sur à peine 2 512 km². Entre océan Indien et sommets culminant à plus de 3 000 mètres, ce département français d’outre-mer offre un terrain de jeu unique où se côtoient plages de sable noir volcanique, lagons turquoise protégés par une barrière de corail, forêts primaires luxuriantes et paysages lunaires autour d’un volcan parmi les plus actifs au monde. Cette concentration géographique permet de passer d’une baignade matinale dans un lagon à une randonnée en montagne l’après-midi, puis de terminer la journée sur une varangue à déguster un cari local.
Pourtant, cette richesse implique aussi des spécificités à connaître avant de partir. Le climat varie considérablement selon les régions et les saisons, certaines plages nécessitent des précautions particulières, le relief impose une organisation logistique adaptée, et le choix d’hébergement influence directement l’expérience vécue. Comprendre ces paramètres transforme un simple séjour en une immersion réussie dans l’art de vivre créole, où chaque journée peut réserver plusieurs ambiances climatiques et culturelles selon que l’on se trouve sur la côte ouest ensoleillée, dans les cirques montagneux ou face aux coulées de lave refroidies.
La Réunion connaît deux saisons marquées qui influencent directement le confort du voyage. L’hiver austral (mai à novembre) apporte des températures agréables entre 20 et 27°C sur le littoral, avec une mer calme idéale pour le snorkeling, mais des nuits fraîches en altitude pouvant descendre sous les 10°C au volcan. L’été austral (décembre à avril) correspond à la saison des pluies et des cyclones, avec une chaleur humide en basse altitude et des précipitations particulièrement abondantes sur la côte est et dans les Hauts, rendant certains sentiers de randonnée impraticables.
Cette géographie compartimentée crée des microclimats drastiquement différents : la côte ouest reste ensoleillée et sèche toute l’année tandis que le littoral est reçoit jusqu’à dix fois plus de pluie. Concrètement, un séjour basé à Saint-Gilles-les-Bains garantit du soleil même en février, alors qu’à Saint-Benoît, vingt kilomètres plus loin à vol d’oiseau, les averses sont quotidiennes.
Sur le plan sanitaire, aucun vaccin spécifique n’est exigé, mais certaines précautions s’imposent dans cet environnement tropical :
Concernant le budget, La Réunion pratique des tarifs 20 à 40% supérieurs à ceux de la métropole pour l’alimentation et les services, en raison de l’insularité et de l’importation. Un repas dans un restaurant traditionnel coûte entre 12 et 18 euros, tandis qu’un plein d’essence atteint facilement 90 euros pour un véhicule de location. Les hébergements varient considérablement, des gîtes de montagne à 40 euros la nuit aux resorts avec piscine à débordement dépassant 300 euros.
La Réunion possède une caractéristique géologique importante : seule la côte ouest dispose d’un lagon protégé par une barrière corallienne, créant des zones de baignade sécurisées et peu profondes. Ce lagon s’étend sur environ 25 kilomètres entre La Saline-les-Bains et Saint-Leu, offrant des plages de sable blanc comme celles de l’Ermitage ou de Boucan-Canot. En dehors de ces zones délimitées par des bouées, la baignade est déconseillée voire interdite en raison de la présence de requins bouledogues dans les eaux troubles au-delà du récif.
Cette réalité, parfois anxiogène pour les visiteurs, ne doit pas occulter l’essentiel : les lagons surveillés permettent de se baigner en toute quiétude avec des enfants, dans une eau à 26-28°C toute l’année et rarement plus profonde de deux mètres. Les plages familiales comme celle de Trou d’Eau à La Saline offrent des fonds sableux sans relief, tandis que celles de l’Ermitage présentent des platiers coralliens vivants à quelques mètres du bord, parfaits pour observer poissons-papillons, demoiselles et parfois tortues marines.
La Réserve Naturelle Marine de La Réunion protège 35 km² de récifs coralliens et impose une réglementation stricte :
Pour le snorkeling, l’équipement de base comprend un masque à la taille adaptée (sans barbe qui compromet l’étanchéité), un tuba sec anti-retour d’eau et des palmes courtes facilitant la propulsion sans effort. Les débutants privilégieront les zones peu profondes de l’Hermitage, tandis que les pratiquants confirmés apprécieront la passe de Boucan-Canot où circulent raies léopards et bancs de carangues.
Avec une moyenne de deux éruptions par an depuis le début du siècle, le Piton de la Fournaise représente l’un des volcans les plus actifs et les plus accessibles de la planète. Contrairement aux volcans explosifs de type Strombolien ou Plinien, il s’agit d’un volcan effusif dont les coulées de lave fluide s’écoulent de manière relativement prévisible, permettant une approche sécurisée lorsque les autorités l’autorisent. Cette accessibilité unique transforme l’observation d’une éruption en un spectacle grandiose où la terre se déchire dans un fracas assourdissant pour laisser jaillir de la lave à plus de 1 100°C.
L’accès au volcan s’effectue par la route forestière du volcan (RF5), un axe de 32 kilomètres depuis Bourg-Murat qui traverse successivement la forêt de cryptomerias, la plaine des Sables aux paysages ocre désertiques, puis atteint le parking du Pas de Bellecombe à 2 311 mètres d’altitude. Cette route étroite et sinueuse impose une conduite attentive, d’autant que le brouillard peut réduire la visibilité à quelques mètres en fin de journée. Compter une heure de trajet depuis la côte ouest.
Depuis le belvédère du Pas de Bellecombe, plusieurs options s’offrent aux visiteurs :
La fréquentation peut atteindre plusieurs milliers de personnes les week-ends ensoleillés. Pour éviter la foule, privilégier une arrivée avant 8h ou après 16h, sachant que la lumière rasante du matin ou du soir sublime les reliefs volcaniques. En cas d’éruption, des mesures de sécurité strictes peuvent interdire l’accès complet au site selon la localisation des fractures éruptives et la direction des coulées.
Les Hauts de La Réunion désignent les zones d’altitude, particulièrement les trois cirques naturels de Cilaos, Mafate et Salazie, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces caldeiras effondrées abritent des villages accrochés aux pentes, accessibles par des routes spectaculaires comme celle de Cilaos et ses 400 virages sur 35 kilomètres depuis Saint-Louis. Cette route mythique exige concentration et respect des distances de sécurité, avec des épingles serrées et des à-pics vertigineux, mais récompense l’effort par des panoramas saisissants sur les gorges et les pitons rocheux.
Cilaos, station thermale réputée, propose des eaux thermales ferrugineuses naturellement chaudes (entre 32 et 38°C) captées à 1 100 mètres d’altitude. Ces sources, exploitées dans l’établissement thermal municipal, offrent des propriétés relaxantes et reminéralisantes appréciées après plusieurs jours de randonnée intensive. Le village est également célèbre pour son vin de pays, ses lentilles AOC cultivées sur les pentes volcaniques et sa broderie traditionnelle.
Les randonnées dans les Hauts s’adaptent à tous les niveaux. Pour les familles avec enfants, plusieurs sentiers offrent un excellent compromis entre accessibilité et dépaysement :
La gastronomie créole constitue un pilier de l’expérience réunionnaise. Le cari, plat national, se décline avec poulet, bœuf, poisson ou fruits de mer, mijoté avec des épices (curcuma, gingembre, piment) et servi avec du riz, des grains (lentilles ou haricots rouges) et du rougail (condiment à base de tomates). Les restaurants de village dans les Hauts proposent souvent des tables d’hôtes où les propriétaires partagent leur cuisine familiale, permettant de goûter le civet de tangue, le rougail saucisses ou le cabri massalé dans une ambiance authentique.
Le choix de l’hébergement à La Réunion dépasse la simple question du confort pour influencer directement l’immersion culturelle et l’impact environnemental du séjour. L’île propose une gamme étendue d’options, des resorts internationaux aux gîtes de montagne, en passant par les chambres d’hôtes créoles et les alternatives écoresponsables émergentes.
Les établissements haut de gamme se concentrent principalement sur la côte ouest, entre Saint-Gilles et Saint-Leu, profitant du climat sec et de la proximité du lagon. Ces structures proposent généralement piscines à débordement, spas avec soins inspirés de la médecine ayurvédique ou des traditions créoles, et restaurants gastronomiques valorisant les produits locaux (poissons pélagiques, vanille Bourbon, fruits exotiques). La climatisation des chambres et des espaces communs constitue un critère de confort essentiel pendant l’été austral, lorsque l’humidité atteint des niveaux importants.
Le moment de réservation influence significativement le tarif : anticiper de 4 à 6 mois permet d’obtenir des réductions de 20 à 30% par rapport aux réservations de dernière minute, particulièrement pendant les vacances scolaires françaises où la demande explose. Vérifier également si la restauration d’hôtel inclut des spécialités locales au-delà de la carte internationale standardisée permet d’éviter la déception d’un buffet déconnecté de la culture culinaire réunionnaise.
Face à la pression touristique croissante, plusieurs hébergements développent une démarche environnementale affirmée. Le glamping (camping glamour) propose des tentes aménagées avec literie de qualité et parfois sanitaires privés, dans des sites naturels préservés comme les hauteurs de Cilaos ou les abords du volcan. Les gîtes de montagne, notamment ceux du GR R2 qui traverse l’île, offrent une expérience spartiate mais authentique, avec nuitée en dortoir et repas créoles partagés.
Les auberges de jeunesse permettent des rencontres entre voyageurs et facilitent l’organisation de covoiturages vers les sites isolés. Concernant l’engagement écologique réel des structures, plusieurs critères objectifs méritent vérification : présence de panneaux solaires, système de récupération des eaux de pluie, toilettes sèches réduisant la consommation d’eau potable, traitement des déchets organiques par compostage et approvisionnement auprès de producteurs locaux certifiés.
Élément architectural traditionnel créole, la varangue désigne cette terrasse couverte qui entoure partiellement ou totalement l’habitation, créant un espace de transition entre intérieur et extérieur. Bien plus qu’un simple balcon, elle constitue le véritable cœur de vie réunionnais où se déroulent les repas familiaux, les discussions entre voisins autour d’un ti-punch et les moments de repos aux heures chaudes.
Dans les locations saisonnières, la présence et l’aménagement de la varangue déterminent grandement le confort du séjour. Un mobilier adapté au climat tropical (bois traité ou résine tressée résistant à l’humidité), des stores ou canisses permettant de gérer luminosité et intimité, et une sécurisation adéquate si des enfants en bas âge sont présents constituent les critères essentiels. Cette pièce supplémentaire à l’air libre valorise également l’espace habitable en permettant de vivre dehors même pendant les averses tropicales, protégés par l’avancée du toit.
Choisir un hébergement doté d’une belle varangue orientée vers l’océan ou la montagne transforme chaque lever de soleil en moment privilégié, chaque repas en expérience sensorielle bercée par les bruits de la nature environnante. C’est dans cet espace que se comprend véritablement l’art de vivre réunionnais, entre douceur tropicale et convivialité créole.